Tombé dans un terrier après une battue : le sauvetage inespéré de Saiko, chien de chasse coincé sous terre

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Vous imaginez partir en battue comme d’habitude… et finir la journée autour d’un énorme trou, les yeux rivés au fond de la terre, à attendre un aboiement. C’est exactement ce qui est arrivé à Saiko, un chien de chasse coincé à cinq mètres sous terre, près d’Arras. Une histoire qui aurait pu très mal finir, mais qui va au contraire rappeler à beaucoup de propriétaires de chiens un point essentiel : en chasse, tout peut basculer en quelques secondes.

Saiko, un chien de chasse “trop bon” pour son propre bien

Le 31 janvier, dans le bois de la Loterie à Mont-Saint-Éloi, la journée commence comme tant d’autres. Des chasseurs, des chiens, une battue au sanglier. Le maître de Saiko, Quentin, connaît bien son compagnon. Il sait que c’est un chien de chasse efficace, rapide, tenace.

Mais ce jour-là, Saiko ne suit pas un sanglier. Il se lance derrière un blaireau. L’animal se faufile dans son terrier. Et Saiko, trop concentré pour réfléchir au danger, le suit sans hésiter. Un geste de pur instinct. Un geste aussi qui va tout changer.

Le chien progresse dans le terrier. Il s’enfonce. Puis, d’un coup, la terre se referme derrière lui. Le passage se bouche. Quentin résumera la scène avec humour : “Il est tellement bon qu’il s’est bouchonné.” Mais sur le moment, rien de drôle. Son chien est littéralement prisonnier sous terre.

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Quand la battue bascule en opération de sauvetage

Très vite, les chasseurs comprennent que Saiko ne ressort pas. Plus de bruit. Pas un aboiement. Juste un point GPS qui ne bouge plus. Car heureusement, le chien porte un collier GPS. Sans cela, impossible de le localiser avec précision.

Ils repèrent la zone, cherchent, appellent. Rien. Le temps passe et l’inquiétude monte. Sous terre, à cinq mètres de profondeur, un chien n’a pas des heures et des heures devant lui. Chaque minute compte.

C’est là qu’un ami grutier entre en scène. Appelé en urgence, il arrive avec son matériel lourd. Pour sauver Saiko, une simple pelle ne suffit pas. Il faut creuser une énorme tranchée : environ vingt mètres de long et cinq mètres de large. Un chantier en pleine nature, improvisé, sous tension.

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Une grue, les pompiers, la mairie : tout un village mobilisé

Le grutier commence à creuser, doucement. Quentin l’a bien dit : il faut aller très lentement. Un coup de pelle mal placé, et le chien peut être blessé. Pire, la cavité peut s’effondrer. Les pompiers arrivent, la première adjointe au maire aussi. La scène ressemble à un mélange de chantier, de sauvetage et de film d’angoisse.

La tranchée s’ouvre peu à peu. La terre est lourde, compacte. Personne n’entend Saiko. Le silence devient pesant. Dix heures passent. Dix longues heures où l’on se demande si le chien est encore vivant.

Les visages se ferment. L’espoir baisse. Quand un chien ne bouge pas, n’aboie pas, c’est rarement bon signe. Mais personne ne veut abandonner. Tant que le collier GPS indique le même point, il reste une chance.

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Un aboiement, et tout change

Et puis, au moment où l’on commence à se préparer au pire, un son. Faible, lointain, mais clair : un aboiement. Une fois. Puis une autre. Saiko est vivant.

Le groupe se fige, puis tout le monde se remet à bouger. On creuse avec plus d’énergie, mais toujours avec précaution. La première adjointe le dira : “Tout le monde a aussitôt repris des couleurs, on était tous heureux que ça se finisse bien.” En quelques secondes, l’ambiance passe de la peur à la joie.

Quand enfin Saiko apparaît, c’est presque irréel. Le chien sort de ce trou immense, un peu sale, le museau griffé, mais en forme. Quelques légères égratignures, rien de grave. Après presque dix heures sous terre, il est vivant. Et il remue la queue comme si de rien n’était.

Ce que cette histoire apprend à tous les propriétaires de chiens de chasse

L’histoire de Saiko touche, bien sûr. Mais elle pose aussi une question directe : votre chien serait-il protégé dans une situation pareille ? Beaucoup de propriétaires sous-estiment encore les risques sur le terrain.

Voici quelques enseignements très concrets à en tirer :

  • Le collier GPS n’est plus un luxe : sans lui, impossible de savoir où creuser. Pour un chien qui suit une voie ou entre dans un terrier, c’est un outil de survie.
  • Connaître le terrain : les zones avec de nombreux terriers de blaireaux, renards ou lapins sont plus risquées. Mieux vaut les identifier à l’avance.
  • Ne jamais minimiser un silence soudain : un chien qui n’aboie plus d’un coup, qui disparaît du champ visuel, doit être recherché immédiatement.
  • Avoir des contacts utiles : pompiers, mairie, agriculteurs du coin, grutier ou terrassier. Le réseau humain peut sauver une vie.

Ce genre d’accident reste rare, mais quand il arrive, il va très vite. Se préparer un minimum peut vraiment faire la différence.

Avant la prochaine battue : 5 réflexes à adopter

Si vous sortez souvent en chasse avec votre chien, vous pouvez mettre en place quelques réflexes simples, dès maintenant.

  • Vérifier le matériel avant chaque sortie : collier GPS chargé, numéro de téléphone lisible sur le collier, sifflet fonctionnel.
  • Discuter scénario “chien coincé” avec vos proches : qui appeler, où trouver une pelle, un engin, comment prévenir rapidement la mairie.
  • Observer le comportement du chien : certains adorent fouiller les terriers. Pour ceux-là, la vigilance doit être encore plus grande.
  • Garder sur vous une petite pelle pliante : cela ne remplacera jamais une grue, mais peut dégager une entrée de terrier bouchée en surface.
  • Noter les coordonnées GPS des zones à terriers : lors d’une prochaine chasse, vous saurez que ces endroits demandent une attention particulière.

Une fin heureuse… et un retour sur le terrain

Ce qui surprend beaucoup dans cette histoire, c’est la suite. Après quelques soins et un peu de repos, Saiko a repris les battues. Comme si de rien n’était. C’est aussi ça, le caractère de certains chiens de chasse : une énergie incroyable, une envie de travailler plus forte que tout.

Mais pour Quentin, et pour tous ceux qui ont participé au sauvetage, le regard sur ces sorties ne sera plus tout à fait le même. Quand on a passé dix heures à creuser dans la terre pour retrouver un compagnon, on sait à quel point chaque battue peut devenir une épreuve.

Si vous aussi vous partagez votre vie avec un chien passionné de chasse, cette histoire vous parle sûrement. Elle fait un peu peur, mais elle montre aussi quelque chose de beau : la solidarité, la réactivité, et ce lien très fort entre un homme et son chien. Et au fond, c’est peut-être cela le vrai message de Saiko : en chasse, on ne joue pas seulement avec le gibier, on joue parfois avec la limite. À nous de tout faire pour que, comme lui, nos chiens rentrent toujours à la maison, vivants et la tête haute.

Pauline Roussel
Pauline Roussel

Je suis vétérinaire spécialisée en médecine du comportement animalier, diplômée de l’ENVA et formée en éthologie appliquée à l’université Paris Nanterre. Après plus de 12 ans en clinique canine et féline et en refuge SPA, j’ai développé une expertise sur la cohabitation chien-chat et le bien-être des oiseaux de compagnie. J’interviens régulièrement en conférences pour des associations de protection animale et j’accompagne au quotidien des familles urbaines avec leurs animaux. Sur City Casse, je partage des analyses d’actualités animales et des conseils concrets pour aider chacun à mieux comprendre et respecter ses compagnons.

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